coupes rases
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Télé Millevaches
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Biosyl, usine à manifs05'12'' // Brève, novembre 2024Un mouvement largement soutenu par les forces politiques de gauche. Marie Toussaint, députée européenne Les Écologistes, Mathilde Panot présidente du groupe La France insoumise et Catherine Couturier, ancienne députée La France insoumise en Creuse ont rejoint les manifestants. Les représentants de l’ONG Canopée forêts vivantes et du Syndicat de la Montagne limousine étaient également présents ainsi que les forces syndicales de la CGT.
L’origine de la colère : l’entreprise Biosyl. Spécialisée dans la fabrication de granulés de bois dont l’approvisionnement est issu des déchets de l’industrie du bois et de coupes rases de forêts de feuillus, la PME souhaite s'implanter à Guéret. Autre point d’achoppement, Biosyl a pensé son projet de méga-usine sur une zone humide essentielle à l’absorption de l’eau de pluie et refuge d’espèces protégées comme le crapaud sonneur à ventre jaune. Un argument repris par l’ONG Canopée forêts vivantes qui le 14 mai dernier a déposé un recours pour obtenir une enquête d’utilité publique.
Pour les organisateurs, la manifestation du 5 octobre est réussie. Elle constitue une étape sans précédent dans la lutte pour la préservation de l’environnement. Une semaine plus tard, l’association Vivre en Creuse réunissait moins d’une centaine de personnes favorables au projet. Pour Thierry Delaître, élu d’opposition et membre de l’association, « l’implantation de Biosyl est une chance pour développer la Creuse ». La création de 40 emplois directs et d’une centaine d’emplois indirects a été annoncée par Biosyl.
Bois du Chat : une victoire citoyenne02'31'' // Brève, août 2024Les travaux entamés en octobre 2022 dans la forêt de feuillus avaient été interrompus par la présence physique d’habitants de Tarnac et des villages alentours. Une mobilisation vivement critiquée et considérée comme illégale par bon nombre de détracteurs. Finalement, le verdict est tombé et des amendes ont été prononcées contre le propriétaire du terrain, le GFA Cloup (500 euros), l’exploitant ARGIL (5 000 euros), la SARL Ausset et fils ayant effectué la rampe de débardage (3 000 euros). La décision sonne comme un pied de nez face à ceux qui assuraient agir en toute légalité. « Non, être propriétaire d’une parcelle ne nous autorise pas à faire ce qu’on veut, il y a des lois. Nous avons eu raison de dire qu’il y avait des irrégularités sur cette coupe » rappelle Corinne Ferraron, chargée de la partie juridique durant la mobilisation.
Motif retenu : la non déclaration du franchissement d’un ruisseau. Une fois alertées par le collectif, ce sont les associations Canopée - Forêts vivantes, France Nature Environnement et Sources et Rivières du Limousin qui ont saisi la justice. « Pour le moment, c’est l’unique motif de condamnation retenu par la composition pénale (une mesure alternative aux poursuites, permettant de juger rapidement les auteurs de l'infraction). Avec les associations, nous réfléchissons à poursuivre la procédure, puisque les dégâts causés en matière de biodiversité n’ont pas été pris en compte », explique Corinne. Affaire à suivre.
« Je ne peux pas me mettre en porte-à-faux avec la filière »04'25'' // Brève, février 2024En quatre ans, une centaine d'hectares de forêt de feuillus sont partis en coupe rase autour de chez moi. Ce chantier-là, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase », dénonce Thibault, ingénieur et propriétaire forestier.
Cet habitant de Sornac, en Corrèze, a bloqué une coupe rase d'une hêtraie, juste à côté de chez lui, le 14 février. Alors qu'il avait contacté la veille le propriétaire de la parcelle pour racheter le terrain, en vain, il justifie ce blocage comme « un cri du cœur ». Plusieurs membres du groupe forêt du Syndicat de la Montagne limousine sont venus le soutenir pour poursuivre l'action pendant une demi-journée.
Malgré les opinions divergentes entre Thibault, le propriétaire de la parcelle, également exploitant forestier et patron d'une petite scierie, et le conducteur de l'abatteuse, un point commun se distingue : le malaise autour de la pratique de la coupe rase.
Pour exploiter les bois d'une petite parcelle comme celle-ci - 6 000 mètres carrés -, la coupe rase apparaît comme l'unique solution pour garantir une certaine rentabilité. Un modèle économique à réinventer d'urgence et qui pose question, même pour les parties qui en tirent profit.