Démocratie
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Télé Millevaches
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Des assos qui se tiennent sages31' // Documentaire, février 2025Pour Télé Millevaches, l’histoire commence en 2022 quand elle apprend qu’une aide financière majeure a failli lui échapper. C’est un fonds de soutien aux médias de proximité qui approche les 20 000 € et dont elle bénéficie depuis sa mise en place par le ministère de la Culture en 2016. « Nous avons dû contourner la préfecture de région pour le versement, apprend-elle d’une fonctionnaire, mais en 2023 ce sera plus difficile. »
Au-delà de la bizarrerie de l'opération, ce sont les motifs de la préfecture qui interrogent : qu’a-t-on fait de mal ? On découvre bientôt que plus d’une dizaine d’associations de Creuse et de Corrèze se voient refuser des subventions qu’elles obtenaient les années précédentes. Point commun : les préfectures opposent leur veto malgré les avis favorables des services de l’État qui instruisent les dossiers, notamment la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC).
Au-delà du Limousin, ce sont des associations du Tarn-et-Garonne, des Bouches-du-Rhône ou du Pas-de-Calais qui sont touchées. On croyait le sujet local, il est national. Refus de subventions, d’agrément ministériel, d’autorisation pour accueillir des services civiques : les vexations sont nombreuses pour les associations prises dans le collimateur des préfectures. Le journal Le Monde mentionne une « liste rouge » dans un article du 9 août 2023.
Selon l’Observatoire des libertés associatives, une chose est sûre : les attaques se multiplient en France depuis 2020 et particulièrement depuis 2022. Chercheurs, avocats, collectifs d’associations, tous s’accordent sur un point : la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, dite « loi séparatisme », constitue un point de rupture entre l’État et les associations. Depuis, l’ambiance est à la suspicion. Votée au lendemain de l’assassinat de Samuel Paty, cette loi prétend lutter contre le séparatisme religieux. Mais elle vise aujourd’hui tous types d’associations.
Les libertés associatives sont menacées, avec les valeurs de la République en cache-nez pour couper l’herbe sous le pied de militants politiques réels ou fantasmés. Les associations sont-elles vouées à courber l’échine ? Peuvent-elles se défendre ? Témoignages, analyses et ripostes avec notamment :
MARION OGIER
Avocate au barreau de Paris
THIERRY LE ROY
Ancien membre du Conseil d'État et ancien préfet de la Dordogne
ÉRIC CORREIA
Président de la communauté d'agglomération du Grand Guéret
LÉONORE MONCOND'HUY
Maire de Poitiers
PABLO CORROYER
Chercheur en science politique à l'université de Lille et membre de l'Observatoire des libertés associatives
JEAN-BAPTISTE JOBARD
Du Collectif des associations citoyennes et co-fondateur de l'Observatoire des libertés associatives
MARIE GARMADI
De l’institut Alinsky et membre de l’Observatoire des libertés associatives
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Autogestion : l’esprit démocratique des entreprises03'50'' // Brève, décembre 2024C’est par une nuit froide de novembre qu’une vingtaine de personnes ont fait le déplacement à la salle des fêtes de Faux-la-Montagne. Ce soir-là, les échanges s’attardaient sur l’égalité, la coopération ou encore la bonne répartition des tâches (facteur de bien-être au travail). Apparu dans les années 70 avec l’épopée de l’entreprise Lip, le modèle autogestionnaire a depuis inspiré de nombreuses structures. Une des plus célèbres, Ambiance Bois, s’est créée il y a presque 40 ans à Faux-la-Montagne. Depuis, le petit village Limousin apparaît comme un laboratoire d’expérimentation sociale où des structures comme la crèche Tom Pousse et les urbanistes de L’Arban pratiquent l’autogestion. La rencontre a d’ailleurs suscité l’intérêt de plusieurs employés présents le soir de l’échange. La gestion du pouvoir et l’absence de hiérarchie ont souvent été évoqués. Comment gérer, dans une organisation au système horizontal, les rapports de force qui peuvent parfois naître au sein d’un collectif ? Selon les auteurs Baptiste Mylondo, enseignant en sciences sociales à Lyon et Simon Cottin-Marx, enseignant au CNAM et directeur du Centre de l’ESS, l’autogestion n’est pas l’absence de règles. « Si on ne se donne pas de règles, on donne du pouvoir aux gens qui ont du charisme. Aux leaders naturels en quelque sorte » expliquera Simon Cottin-Marx lors d’un entretien réalisé en visioconférence. Pour rédiger, cet ouvrage les auteurs ont rencontré une cinquantaine de structures au sein desquelles la pratique de l’autogestion fonctionne. Salaire égal, prises de décision collectives sont des préceptes qui selon les auteurs font partie d’un idéal difficile à mettre en place. « Une structure n’est jamais complètement démocratique, équitable et en coopération, mais on peut réfléchir et agir pour atteindre cet objectif » concluront-ils. À travers leur recherche, les auteurs recensent les questions à se poser, les problèmes fréquemment rencontrés, mais aussi les solutions expérimentées au sein des différentes structures avec lesquelles ils ont travaillé.