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Barbara Glowczewski, anthropologue84' // Les entretiens Télé Millevaches, octobre 2024Selon Barbara Glowczewski la manière de pratiquer l’anthropologie a subi des changements dans les années 70. Les biais de la société patriarcale ont été remis en question et une nouvelle génération de femmes anthropologues s’est mise à observer les peuples autochtones du monde entier. C’est ainsi que Barabara Glowczewski commence en 1979 son premier terrain d’étude : les peuples Warlpiris du désert central d’Australie. Là où les précédentes observations avaient conclu que les femmes Warlpiris ne jouaient aucun rôle dans les prises de décision au sein des tribus, l’anthropologue démontrera que ces dernières avaient au contraire une implication fondamentale dans le fonctionnement social. En charge de l’éducation des enfants, elles étaient en réalité d’une grande influence dans les choix collectifs. Mais d’une manière moins démonstrative et symbolique que les hommes. L’autre changement fut la question de l’engagement aux côtés des populations autochtones. Comment se contenter d’observer un peuple qui, dans le même temps, subit l’acculturation et la spoliation foncière par les forces coloniales occidentales ? Comment prendre parti sans trahir le travail de recherche ? Une fois encore Barbara Glowczewski fut de cette génération d’anthropologues engagée dans les différents combats autochtones tout en prenant le risque d’être discréditée au sein des institutions scientifiques. Après avoir embrassé les luttes aborigènes, puis kanak en Nouvelle-Calédonie, elle rentrera en France pour se retrouver du côté de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes et des territoires en recherche d’autonomie politique et matérielle tels que le plateau de Millevaches. C’est d’ailleurs sur le Plateau qu’elle dirigera avec Geneviève Pruvost, Marie-France Houdart et Guillaume Maigron, l’écriture du livre Des énergies qui soignent en montagne limousine, recueil d’enquêtes menées par des étudiants et habitants auprès de guérisseurs locaux. Car les « mondes invisibles » ont toujours occupé une grande place dans le travail de Barbara. Le rêve d’abord, structurel pour les sociétés aborigènes, puis le travail des chamans guérisseurs du Nord-ouest australien, réputés capables de guérir des calculs rénaux en quelques instants. À la question que nous avions posée à Philippe Descola sur le retour en France et en Occident à des formes de spiritualités païennes et morcelées, Barbara Glowczewski répond que « la fragmentation et les particularités ne sont pas un problème tant qu’elles n’empêchent pas les communautés de se relier ». Elle conclut avec son concept d’hypercube, qui explique comment les tribus pourtant étalées sur un territoire aussi immense que celui de l’Australie, et portant chacune des us et coutumes particuliers, ont su construire un monde cohérent et partager un récit commun. L’anthropologue nous invite à trouver l’inspiration dans l’art de vivre de ces sociétés en nous rappelant que les luttes autochtones sont aussi les nôtres. Pour en savoir plus Australie-France, entre les deux, mon coeur balanceextrait de Gros plan sur Treignac, Magazine du plateau n°62, juillet 1999Une habitante de Treignac nous fait découvrir son pays d'origine, l'Australie.

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